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Un stockage liquide pour le solaire

Des molécules artificielles peuvent conserver l'énergie solaire et la libérer à la demande sous forme de chaleur.


EFFICIENCE.

Depuis plus de six ans, Kasper Moth-Poulsen de l'université de Technologie de Chalmers, à Göteborg, en Suède, étudie la possibilité de stocker l'énergie solaire dans un fluide chimique. L'idée date des années 50 mais cela fait moins d'une décennie que les chimistes disposent des moyens de la réaliser. Il s'agit, pour ce faire, de fabriquer des molécules synthétiques sensibles à la lumière du Soleil : éclairées elles changent de configuration et stockent ainsi l'énergie solaire dans leur liaisons chimiques. Elles peuvent conserver leurs nouvelles formes pendant des mois voire des années et quand elles sont mises en présence d'un catalyseur, elles retrouvent leurs formes initiales en libérant de la chaleur.

Il y a quatre ans les chercheurs publiaient leur premier article consacré à ce sujet où ils présentaient une molécule fabriquée à partir d'un élément rare (du ruthénium) capable de convertir, en modifiant sa forme, environ 0,01% de l'énergie solaire. Aujourd'hui la même équipe diffuse dans la revue  Energy & Environmental Science  un nouvel article qui fait état de leur progrès : ils sont parvenus à un rendement de 1,1% avec une molécule différente et dont la fabrication est beaucoup moins coûteuse puisque basée sur des composants organiques (à base de carbone) bien plus disponibles.

De plus cette molécule est capable de supporter plus de 140 cycles de stockage/libération d'énergie sans subir de dégradation. "En combinant ce système thermique moléculaire avec des panneaux solaires classiques nous pouvons convertir plus de 80% de la lumière du Soleil" souligne Kasper Moth-Poulsen. Entre leur deux publications les équipes de Chalmers ont donc réussi à multiplier par 100 l'efficacité de leur système tout en réduisant la facture. Il faudra cependant encore améliorer ces résultats avant de passer à une application industrielle. A terme, il est possible que cette technique puisse être utilisée dans les boucles de production d'eau chaude sanitaire utilisant des panneaux solaires thermiques pour atteindre des taux de conversions de la lumière du Soleil dépassant les 80%.

publié en scienceetavenir.fr
 

 



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