Menu

Pour se libérer des semenciers, des agriculteurs redécouvrent le maïs population

Un agriculteur qui veut planter du maïs ne peut qu’acheter des semences « hybrides », propriété des semenciers. Mais une alternative existe maintenant : le programme « l’Aquitaine cultive la biodiversité » développe les maïs paysans — dits « population » - et sans brevet...


Solidement planté devant l’enfilade de rangées de maïs, Bertrand Lassaigne est intarissable. Chaque maïs a son petit nom, son histoire. « Le ruffec, c’est un agriculteur charentais qui nous l’a apporté », commente-t-il devant un alignement de plants. De petits panneaux indiquent le nom et décrivent les variétés. « Le coussarin, il vient du Périgord, poursuit-il. Et le lavergne, c’est moi qui l’ai créé. En 2003, j’ai planté un mélange de variétés qui me plaisaient. Puis, d’année en année, j’ai sélectionné les meilleurs épis. Aujourd’hui, il s’adapte à beaucoup de régions, résiste bien à la sécheresse et donne des rendements constants. »

La visite est presque devenue un rituel. Chaque année, en septembre, le programme « l’Aquitaine cultive la biodiversité » invite agriculteurs et curieux à visiter cette plateforme expérimentale, située sur la ferme de Bertrand, au Change, en Dordogne. En ce lundi 19 septembre, environ soixante-dix personnes, principalement des paysans, parfois venus de loin, écoutent la présentation. Ici, on étudie les maïs dits « population » : si les individus au sein d’une variété se ressemblent, ils sont loin d’être tous identiques, et ils peuvent être ressemés chaque année par le paysan. Une alternative aux maïs dits « hybrides », les seuls aujourd’hui vendus par les semenciers. Ils sont issus de lignées pures, la diversité génétique dans le champ est réduite. Par ailleurs, ils ne peuvent pas être ressemés et sélectionnés par l’agriculteur. C’est d’ailleurs interdit, puisque le semencier qui l’a créé en détient la propriété intellectuelle.




Génération Végétale | Actualités | Solutions | Livres | On soutient


Newsletter