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Alimentation végétarienne : c'est aussi bon pour les enfants

Une étude américaine contredit les scientifiques en prônant l’alimentation vegan et végétarienne dès la naissance, mais elle recommande de surveiller les carences. (Libération 05/12/16)


L’alimentation végétarienne est un véritable must selon la puissante Academy of Nutrition and Dietetics, qui compte 100 000 professionnels de santé, y compris pour les nourrissons et les enfants, alors que d’autres études soulignent les dangers de ce régime pour les plus jeunes. «Les régimes végétariens bien organisés, y compris vegan, sont sains et adéquats sur le plan nutritionnel et pourraient fournir des avantages dans la prévention et le traitement de certaines maladies», écrit l’association, dans sa revue datée du mois de décembre.

Des carences en vitamines… et des solutions

Cette position n’est pas nouvelle de la part de l'association américaine, qui avait déjà apporté un premier soutien en 1987 au régime végétarien (pas de viande, pas de poisson) et vegan (aucun produit d’origine animale dans l’alimentation). Mais les arguments, régulièrement répétés depuis cette date, sont pain bénit pour une communauté qui progresse aux Etats-Unis : les végétariens au sens large sont 3,3% de l’autre côté de l’Atlantique, mais ils sont deux fois plus nombreux chez les 18-24 ans, preuve de leur progression, par conviction profonde ou effet de mode.

Pour parvenir à ces conclusions, l’association américaine évalue d’une part les inconvénients et d’autre part les avantages de ce type de régime. Elle reconnaît ainsi que les risques carences existent, principalement en vitamine B12 et en zinc. Mais, pour limiter les conséquences de ces manques sur la santé, elle recommande de consommer du tempeh (tofu fermenté), des algues (nori, spiruline, chlorelle) et des levures.

Moins de cancers et maladies chez les végétariens

Selon les experts américains, les végétariens et les vegan «atteignent ou excèdent les niveaux requis en protéines», bien que ces nutriments soient abondants dans la viande et le poisson et donc, a priori, plus compliqués à trouver dans l’alimentation. Cependant, cette population pourrait souffrir d’autres carences, notamment en vitamines, iode et omega 3. Par ailleurs, le fer absorbé, même en quantité suffisante, demeure plus difficile à métaboliser pour un végétarien. Enfin, les vegans, qui bannissent le lait et les produits laitiers, pourraient manquer de calcium. Pour autant, l’article ne conclut pas à des effets néfastes majeurs sur la santé, compte tenu du fait que les carences ne sont pas sévères et qu’elles peuvent être comblées, par exemple avec des compléments alimentaires.

A en croire l’Academy of Nutrition and Dietetics, les risques éventuels d’un régime végétarien ou vegan sont inférieurs aux bénéfices pour la santé. Cette façon de s’alimenter expose moins au surpoids et à l’obésité (40% des Américains souffrent de cette maladie contre 25% parmi ceux qui ne mangent pas de viande). Les cas d’hypertension, de cholestérol et de diabète de type 2 sont également plus faibles. De même, les probabilités de contracter un cancer sont inférieures de 18% par rapport à la population moyenne. «La nutrition générale, telle que préconisée par l’Index pour une nourriture saine alternative [une série de recommandations émises par le gouvernement américain depuis 1995, ndlr], est typiquement meilleure avec les régimes végétarien et vegan qu’avec les régimes carnivores», indique l’Academie dans son récent article.

Lire la suite : Libération 05/12/16




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